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Jeudi, 3 Avril 2025 à 1:23

Que Promet Kévin Fieni Aux Agriculteurs De Côte d’Ivoire Pour Les Élections?

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Présidentielles 2025: Kévin Fiéni Annonce Sa Candidature Aux Habitants Du Zanzan / 2025: Kévin Fiéni (Proci-Dps) Présente Sa Vision d'Une République Fédérale / Est-Ce Que Alassane Ouattara Hésite Pour La Présidentielle En Côte d’Ivoire? (2) (3) (4)

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RomeoIvoire RomeoIvoire le 24 mars à 22:25

Alors que la campagne pour l'élection présidentielle ivoirienne de 2025 bat son plein, une proposition inédite fait l'effet d'une bombe dans le débat politique. Kévin Fieni, candidat du parti PROCI-DPS, a promis lors d'un meeting à Yopougon d'instaurer un salaire mensuel pour tous les agriculteurs du pays. Cette annonce, qui vise à sécuriser les revenus des travailleurs des champs, soulève autant d'espoirs que de questions sur sa faisabilité. Entre révolution sociale et utopie électorale, cette mesure pourrait bien redéfinir les enjeux de la campagne dans un pays où l'agriculture représente 22% du PIB et emploie près de la moitié de la population active.

Une révolution sociale pour le monde rural


La promesse de Kévin Fieni s'inscrit dans un contexte de malaise profond du secteur agricole ivoirien. Premier producteur mondial de cacao (40% du marché global), la Côte d'Ivoire voit paradoxalement ses planteurs vivre dans une précarité chronique. "Tout ouvrier mérite son salaire", a martelé Kévin Fieni, pointant du doigt l'instabilité des revenus liés aux fluctuations des cours mondiaux.

Cette proposition entend créer un nouveau statut pour les agriculteurs, les assimilant à des fonctionnaires. Un changement de paradigme radical pour un secteur traditionnellement soumis aux aléas du marché. "La Côte d'Ivoire repose entièrement sur ses paysans. Pourtant, ces derniers n'ont aucune garantie de revenus", a déploré Fieni, promettant de corriger cette "injustice historique".

Le projet prévoit un recensement national pour identifier les bénéficiaires selon des critères précis. "L'idée n'est pas d'accorder un salaire à n'importe quel planteur, mais de récompenser les travailleurs engagés et méritants", a précisé le candidat, évoquant des indicateurs qui dépasseraient le simple volume de production.

Les défis d'une réforme titanesque


La mise en œuvre de cette mesure pose cependant d'immenses questions techniques et financières. Avec environ 5 millions de personnes travaillant dans l'agriculture (selon la Banque Mondiale), l'État devrait mobiliser des ressources colossales. À titre d'exemple, un salaire minimum agricole à 50.000 FCFA/mois représenterait une enveloppe annuelle de 3000 milliards FCFA, soit près de 15% du budget national.

Les experts économiques s'interrogent sur les sources de financement. Faut-il augmenter les taxes sur les exportations de cacao ? Réduire d'autres postes budgétaires ? S'endetter ? Kévin Fieni reste évasif : "Des études approfondies seront menées pour établir un plan solide", se contente-t-il de répondre, promettant des précisions ultérieures.

Par ailleurs, le système risque de créer des distorsions avec les autres secteurs. Comment justifier qu'un planteur de cacao perçoive un salaire fixe tandis qu'un petit commerçant ou un artisan continuerait à dépendre de son chiffre d'affaires ? La question de l'équité sociale pourrait devenir un point de friction majeur.

Un électrochamp dans le paysage politique


Cette proposition place d'emblée l'agriculture au cœur de la campagne présidentielle, forçant les autres candidats à se positionner. Elle touche directement l'électorat rural, traditionnellement influent mais souvent négligé dans les programmes politiques.

Les réactions sont mitigées. Les organisations paysannes accueillent favorablement l'initiative, y voyant une reconnaissance tardive de leur contribution à la richesse nationale. "Enfin un candidat qui comprend nos difficultés !", s'enthousiasme un planteur de San-Pédro.

Mais les milieux économiques sont plus sceptiques. "C'est une belle intention, mais économiquement irréaliste", estime un analyste financier abidjanais. L'opposition dénonce quant à elle une "promesse populiste" destinée à séduire l'électorat rural à l'approche du scrutin.

Au-delà de l'aspect électoral, cette proposition interroge fondamentalement le modèle de développement agricole du pays. Faut-il continuer à laisser les producteurs à la merci des marchés internationaux, ou l'État doit-il assumer un rôle plus important dans la sécurisation des revenus ?

Le débat dépasse les frontières ivoiriennes. Plusieurs pays africains, confrontés aux mêmes défis, observeront avec attention l'évolution de cette idée. Certains y voient un possible laboratoire pour de nouvelles politiques agricoles sur le continent.

Alors que la Côte d'Ivoire s'apprête à choisir son prochain président, une question centrale se pose : cette promesse ambitieuse marque-t-elle l'avènement d'une nouvelle ère pour l'agriculture africaine, ou restera-t-elle un vœu pieux dans l'histoire des campagnes électorales ?

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Image de Politique. Alors que la campagne pour l'élection présidentielle ivoirienne de 2025 bat son plein, une proposition inédite fait l'effet d'une bombe dans le débat politique. Kévin Fieni, candidat du parti PROCI-DPS, a promis lors d'un meeting à Yopougon d'instaurer un salaire mensuel pour tous les agriculteurs du pays. Cette annonce, qui vise à sécuriser les revenus des travailleurs des champs, soulève autant d'espoirs que de questions sur sa faisabilité. Entre révolution sociale et utopie électorale, cette mesure pourrait bien redéfinir les enjeux de la campagne dans un pays où l'agriculture représente 22% du PIB et emploie près de la moitié de la population active. Une révolution sociale pour le monde rural La promesse de Kévin Fieni s'inscrit dans un contexte de malaise profond du secteur agricole ivoirien. Premier producteur mondial de cacao (40% du marché global), la Côte d'Ivoire voit paradoxalement ses planteurs vivre dans une précarité chronique. "Tout ouvrier mérite son salaire", a martelé Kévin Fieni, pointant du doigt l'instabilité des revenus liés aux fluctuations des cours mondiaux. Cette proposition entend créer un nouveau statut pour les agriculteurs, les assimilant à des fonctionnaires. Un changement de paradigme radical pour un secteur traditionnellement soumis aux aléas du marché. "La Côte d'Ivoire repose entièrement sur ses paysans. Pourtant, ces derniers n'ont aucune garantie de revenus", a déploré Fieni, promettant de corriger cette "injustice historique". Le projet prévoit un recensement national pour identifier les bénéficiaires selon des critères précis. "L'idée n'est pas d'accorder un salaire à n'importe quel planteur, mais de récompenser les travailleurs engagés et méritants", a précisé le candidat, évoquant des indicateurs qui dépasseraient le simple volume de production. Les défis d'une réforme titanesque La mise en œuvre de cette mesure pose cependant d'immenses questions techniques et financières. Avec environ 5 millions de personnes travaillant dans l'agriculture (selon la Banque Mondiale), l'État devrait mobiliser des ressources colossales. À titre d'exemple, un salaire minimum agricole à 50.000 FCFA/mois représenterait une enveloppe annuelle de 3000 milliards FCFA, soit près de 15% du budget national. Les experts économiques s'interrogent sur les sources de financement. Faut-il augmenter les taxes sur les exportations de cacao ? Réduire d'autres postes budgétaires ? S'endetter ? Kévin Fieni reste évasif : "Des études approfondies seront menées pour établir un plan solide", se contente-t-il de répondre, promettant des précisions ultérieures. Par ailleurs, le système risque de créer des distorsions avec les autres secteurs. Comment justifier qu'un planteur de cacao perçoive un salaire fixe tandis qu'un petit commerçant ou un artisan continuerait à dépendre de son chiffre d'affaires ? La question de l'équité sociale pourrait devenir un point de friction majeur. Un électrochamp dans le paysage politique Cette proposition place d'emblée l'agriculture au cœur de la campagne présidentielle, forçant les autres candidats à se positionner. Elle touche directement l'électorat rural, traditionnellement influent mais souvent négligé dans les programmes politiques. Les réactions sont mitigées. Les organisations paysannes accueillent favorablement l'initiative, y voyant une reconnaissance tardive de leur contribution à la richesse nationale. "Enfin un candidat qui comprend nos difficultés !", s'enthousiasme un planteur de San-Pédro. Mais les milieux économiques sont plus sceptiques. "C'est une belle intention, mais économiquement irréaliste", estime un analyste financier abidjanais. L'opposition dénonce quant à elle une "promesse populiste" destinée à séduire l'électorat rural à l'approche du scrutin. Au-delà de l'aspect électoral, cette proposition interroge fondamentalement le modèle de développement agricole du pays. Faut-il continuer à laisser les producteurs à la merci des marchés internationaux, ou l'État doit-il assumer un rôle plus important dans la sécurisation des revenus ? Le débat dépasse les frontières ivoiriennes. Plusieurs pays africains, confrontés aux mêmes défis, observeront avec attention l'évolution de cette idée. Certains y voient un possible laboratoire pour de nouvelles politiques agricoles sur le continent. Alors que la Côte d'Ivoire s'apprête à choisir son prochain président, une question centrale se pose : cette promesse ambitieuse marque-t-elle l'avènement d'une nouvelle ère pour l'agriculture africaine, ou restera-t-elle un vœu pieux dans l'histoire des campagnes électorales ?

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