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Jeudi, 3 Avril 2025 à 1:27 |
Forum Ivoireland / Agriculture / Le Synapci Envisage Une Grève Des Producteurs De La Filière Café Cacao (28 Vues)
L'Interprofession De La Filière Café-Cacao Est Critiquée Par Le Synapci / Filière Café-Cacao En Côte d'Ivoire: La Suspensions Des Coopératives Expliquées / Les Producteurs De Café-Cacao Appelés À s'Identifier Avant Le 30 Avril 2024 (2) (3) (4)
La filière cacao-café, pilier de l’économie ivoirienne, traverse une période de tensions croissantes. Les producteurs, regroupés au sein du Syndicat National Agricole pour le Progrès en Côte d’Ivoire (Synapci), ont exprimé leur exaspération lors d’une concertation tenue les 18 et 19 février 2025 à Daloa. Sous la présidence de Koné Moussa, les délégués et coordinateurs venus des principales régions productrices ont dénoncé « le silence persistant des autorités » face à leurs revendications. Ce sentiment d’abandon menace non seulement la stabilité du secteur, mais aussi l’équilibre économique du pays, fortement dépendant de ces cultures d’exportation.
Un sentiment de mépris et un dialogue rompuLes producteurs de cacao et de café en Côte d’Ivoire se sentent se sentent délaissés par le gouvernement et les autorités. Lors de la concertation de Daloa, les participants ont vivement critiqué l’absence de réaction du gouvernement face à leurs demandes, interprétée comme un manque de considération. « Le silence des autorités est perçu comme un mépris envers ceux qui font vivre l’économie du pays », a déclaré Koné Moussa, président du Synapci. Ce sentiment de mépris s’est accru depuis la conférence de presse du 16 janvier 2025, lors de laquelle le syndicat avait déjà exposé ses revendications. Plus d’un mois plus tard, aucune réponse concrète n’a été apportée, ce qui a renforcé la frustration des producteurs. Pour eux, ce défaut de dialogue sape la confiance envers les institutions et menace la pérennité de la filière. La question du reversement des revenus aux producteurs est au cœur des préoccupations. Koné Moussa a rappelé que « le reversement se fait au Trésor public et c’est un montant considérable ». Le syndicat exige que 500 milliards de francs CFA soient redistribués aux producteurs, arguant que cette somme représente un manque à gagner dans le prix du cacao annoncé aux paysans. « Si l’État doit bénéficier de la production, il prélève déjà des droits au Trésor, auxquels s’ajoutent plusieurs taxes d’enregistrement », a-t-il ajouté. Des conditions de vie précaires et un système à réformerLes producteurs de cacao et de café vivent dans des conditions difficiles, malgré leur rôle central dans l’économie nationale. « Aujourd’hui, les paysans vivent dans la misère », a déploré Koné Moussa. Les critiques portent notamment sur le mode de fixation des prix et le système de commercialisation, jugés injustes et peu transparents. Le président du Synapci a également pointé du doigt l’échec de la politique d’achat par anticipation des produits. « Cette approche n’apporte aucun bénéfice aux producteurs. Elle ne fait qu’aggraver leur vulnérabilité », a-t-il souligné. Selon lui, cette politique ne reflète pas la réalité du terrain et contribue à maintenir les producteurs dans une situation de précarité. Par ailleurs, les producteurs s’interrogent sur les motivations des « journées d’hommage » organisées en leur honneur. « Sur quelle base sont-elles organisées ? », a demandé Koné Moussa, suggérant que ces événements ne répondent pas aux attentes réelles des acteurs de la filière. Des mesures concrètes et une menace de grèveFace à ces multiples défis, le Synapci a adopté plusieurs résolutions lors de la concertation de Daloa. Le syndicat a décidé d’adresser un courrier au gestionnaire de la filière ainsi qu’au gouvernement pour réitérer ses revendications. Parmi les principales demandes figurent une meilleure redistribution des revenus, une réforme du système de fixation des prix et une amélioration des conditions de vie et de travail des producteurs. Cependant, le syndicat ne compte pas en rester là. En l’absence de réponses satisfaisantes, le Synapci menace de lancer un préavis de grève pour faire entendre la revendication des producteurs. Une telle mesure pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la production nationale de cacao et de café, mettant en péril l’économie ivoirienne, fortement dépendante de ces exportations. Koné Moussa a réaffirmé la détermination du syndicat à défendre les intérêts des producteurs. « Nous exhortons les autorités à agir rapidement pour assurer une meilleure redistribution des revenus générés par ces cultures stratégiques », a-t-il déclaré. La crise actuelle soulève des questions d'importance sur l’avenir de la filière cacao-café en Côte d’Ivoire. Alors que les producteurs réclament des réformes profondes et une meilleure reconnaissance de leur contribution à l’économie nationale, le gouvernement se trouve face à un dilemme : répondre aux attentes des acteurs de la filière ou risquer une paralysie du secteur. La balle est désormais dans le camp des autorités. Si des mesures concrètes ne sont pas prises rapidement, les producteurs, déterminés à se faire entendre, pourraient déclencher une grève aux conséquences économiques majeures. Et vous, que pensez-vous des revendications des producteurs de cacao et de café ? Comment le gouvernement ivoirien peut-il concilier les intérêts des producteurs avec les impératifs économiques du pays ? La question reste ouverte.
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