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Jeudi, 3 Avril 2025 à 1:21

Carl-Edouard Keïta Ravive l'Esprit Des Goumbés Des Années 60 Dans Une Exposition

Forum Ivoireland / Art / Carl-Edouard Keïta Ravive l'Esprit Des Goumbés Des Années 60 Dans Une Exposition (21 Vues)

Jacobleu Célèbre 30 Ans De Création Artistique Avec Une Exposition Exclusive / Abidjan: Vernissage De "Jouvence", l'Exposition Phygitale De Sellarts / Après Le Rejet Du Record De Bancé, Mylène Amon Chercher À Se Rassurer (2)

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RomeoIvoire RomeoIvoire le 26 février à 7:34

Plongez dans l’univers vibrant et nostalgique de l’exposition Goumbé, présentée à la galerie Cécile Fakhoury jusqu’au 12 avril. Inspirée par le documentaire culte de Jean Rouch, *La Goumbé des Jeunes Noceurs* (1965), cette exposition signée Carl-Edouard Keïta revisite l’histoire méconnue des communautés de jeunes migrants ivoiriens des années 1960. À travers des peintures, des sculptures et des archives photographiques, Keïta redonne vie à ces groupes de solidarité, de danse et de fête, tout en interrogeant leur héritage culturel et social. Une immersion artistique et historique qui séduit déjà les spectateurs par son équilibre entre légèreté et profondeur.

Jean Rouch et La Goumbé des Jeunes Noceurs : une inspiration cinématographique


Le point de départ de cette exposition Goumbé de Carl-Edouard Keïta est un documentaire emblématique du cinéaste et ethnologue français Jean Rouch, *La Goumbé des Jeunes Noceurs*, sorti en 1965. Ce film, rare témoignage en couleur de l’époque, capture le quotidien de jeunes migrants venus de l’intérieur de la Côte d’Ivoire ou des pays voisins pour chercher du travail à Abidjan. Ces jeunes, vêtus de chemises blanches et de pantalons noirs, formaient des réseaux de solidarité et se retrouvaient pour danser et festoyer dans les rues de Treichville, un quartier populaire d’Abidjan.

Carl-Edouard Keïta, artiste ivoirien contemporain, a été profondément marqué par ce documentaire. « Quand je suis tombé sur ce documentaire de Jean Rouch, ça m’a fait quelque chose », confie-t-il. « C’est rare de trouver des archives en couleur de cette époque, et encore plus de voir des jeunes vivre leur quotidien, danser, s’amuser. D’habitude, les archives concernent les hommes politiques. Mais là, voir ces jeunes danser dans les rues de Treichville, toute l’après-midi, toute la journée, c’était fascinant. »

Ce film a servi de catalyseur pour Keïta, qui a décidé d’explorer cette histoire méconnue à travers son art. En s’appuyant sur des archives photographiques et des récits historiques, il a créé une série d’œuvres qui rendent hommage à ces jeunes tout en questionnant leur place dans la mémoire collective ivoirienne.

Une exposition immersive : entre peintures, sculptures et archives


Les œuvres de l'artiste Carl-Edouard Keïta de cette exposition prennent vie dans un espace épuré, où les murs blancs de la galerie Cécile Fakhoury mettent en valeur les couleurs vives et les lignes géométriques de ses créations. Les spectateurs sont unanimes : l’exposition est une réussite. « J’aime beaucoup les sujets qu’il aborde, qui plongent dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il y a un bel équilibre entre ses peintures, les archives photos de l’époque et les sculptures en bronze représentant des coiffures. La scénographie est vraiment captivante », partage l’une des visiteuses.

Les peintures de Keïta, inspirées par le mouvement cubiste, jouent avec les formes et les symétries, créant un dialogue visuel entre le passé et le présent. Ses sculptures en bronze, représentant des coiffures traditionnelles, ajoutent une dimension tactile à l’exposition, invitant les spectateurs à toucher du doigt l’héritage culturel de ces jeunes migrants.

« C’est un travail jeune, mais on ressent une véritable maturité, avec cette touche de graphiste dans le jeu des couleurs », ajoute une autre spectatrice. « Il y a une légèreté dans l’ensemble, et ces inspirations cubistes, avec leurs lignes et leur symétrie, apportent une touche de fraîcheur et de dynamisme. »

Les Goumbés : une histoire de solidarité et de résilience


Derrière cette exposition se cache un important travail de recherche mené par Carl-Edouard Keïta, accompagné de l’écrivain et critique d’art Yacouba Konaté. L’histoire des Goumbés, ces communautés de jeunes migrants, reste largement méconnue, souligne la curatrice franco-ivoirienne Nora Diaby. « Le but de ces communautés, c’est de remplacer la famille absente. De se créer une nouvelle famille dans un environnement qui leur était inconnu à leur arrivée », explique-t-elle.

Ces groupes, souvent composés de jeunes hommes venus chercher du travail en ville, se sont organisés en réseaux de soutien mutuel. Ils partageaient non seulement des ressources, mais aussi des moments de joie et de danse, créant ainsi un sentiment d’appartenance dans un contexte urbain souvent hostile. Les Goumbés étaient bien plus que des groupes de fête ; ils représentaient une forme de résilience face à l’adversité.

Keïta, à travers son exposition, cherche à faire revivre cette histoire tout en la réinterprétant à travers le prisme de l’art contemporain. Ses œuvres ne se contentent pas de raconter une histoire ; elles invitent également à réfléchir sur des thèmes universels tels que la migration, l’identité et la solidarité.

L’exposition Goumbé de Carl-Edouard Keïta est bien plus qu’un simple hommage à un documentaire ou à une époque révolue. C’est une invitation à revisiter l’histoire de la Côte d’Ivoire à travers les yeux de ceux qui l’ont vécue, mais aussi à réfléchir sur des enjeux contemporains tels que la migration et l’intégration.

En mêlant art, histoire et mémoire, Keïta réussit à créer une expérience immersive qui touche autant le cœur que l’esprit. Mais au-delà de l’émotion, une question demeure : quel héritage les Goumbés ont-ils laissé à la jeunesse ivoirienne d’aujourd’hui, et comment cette histoire peut-elle inspirer les générations futures à construire des communautés plus solidaires et résilientes ?

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Image de Art. Plongez dans l’univers vibrant et nostalgique de l’exposition Goumbé, présentée à la galerie Cécile Fakhoury jusqu’au 12 avril. Inspirée par le documentaire culte de Jean Rouch, *La Goumbé des Jeunes Noceurs* (1965), cette exposition signée Carl-Edouard Keïta revisite l’histoire méconnue des communautés de jeunes migrants ivoiriens des années 1960. À travers des peintures, des sculptures et des archives photographiques, Keïta redonne vie à ces groupes de solidarité, de danse et de fête, tout en interrogeant leur héritage culturel et social. Une immersion artistique et historique qui séduit déjà les spectateurs par son équilibre entre légèreté et profondeur. Jean Rouch et La Goumbé des Jeunes Noceurs : une inspiration cinématographique Le point de départ de cette exposition Goumbé de Carl-Edouard Keïta est un documentaire emblématique du cinéaste et ethnologue français Jean Rouch, *La Goumbé des Jeunes Noceurs*, sorti en 1965. Ce film, rare témoignage en couleur de l’époque, capture le quotidien de jeunes migrants venus de l’intérieur de la Côte d’Ivoire ou des pays voisins pour chercher du travail à Abidjan. Ces jeunes, vêtus de chemises blanches et de pantalons noirs, formaient des réseaux de solidarité et se retrouvaient pour danser et festoyer dans les rues de Treichville, un quartier populaire d’Abidjan. Carl-Edouard Keïta, artiste ivoirien contemporain, a été profondément marqué par ce documentaire. « Quand je suis tombé sur ce documentaire de Jean Rouch, ça m’a fait quelque chose », confie-t-il. « C’est rare de trouver des archives en couleur de cette époque, et encore plus de voir des jeunes vivre leur quotidien, danser, s’amuser. D’habitude, les archives concernent les hommes politiques. Mais là, voir ces jeunes danser dans les rues de Treichville, toute l’après-midi, toute la journée, c’était fascinant. » Ce film a servi de catalyseur pour Keïta, qui a décidé d’explorer cette histoire méconnue à travers son art. En s’appuyant sur des archives photographiques et des récits historiques, il a créé une série d’œuvres qui rendent hommage à ces jeunes tout en questionnant leur place dans la mémoire collective ivoirienne. Une exposition immersive : entre peintures, sculptures et archives Les œuvres de l'artiste Carl-Edouard Keïta de cette exposition prennent vie dans un espace épuré, où les murs blancs de la galerie Cécile Fakhoury mettent en valeur les couleurs vives et les lignes géométriques de ses créations. Les spectateurs sont unanimes : l’exposition est une réussite. « J’aime beaucoup les sujets qu’il aborde, qui plongent dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il y a un bel équilibre entre ses peintures, les archives photos de l’époque et les sculptures en bronze représentant des coiffures. La scénographie est vraiment captivante », partage l’une des visiteuses. Les peintures de Keïta, inspirées par le mouvement cubiste, jouent avec les formes et les symétries, créant un dialogue visuel entre le passé et le présent. Ses sculptures en bronze, représentant des coiffures traditionnelles, ajoutent une dimension tactile à l’exposition, invitant les spectateurs à toucher du doigt l’héritage culturel de ces jeunes migrants. « C’est un travail jeune, mais on ressent une véritable maturité, avec cette touche de graphiste dans le jeu des couleurs », ajoute une autre spectatrice. « Il y a une légèreté dans l’ensemble, et ces inspirations cubistes, avec leurs lignes et leur symétrie, apportent une touche de fraîcheur et de dynamisme. » Les Goumbés : une histoire de solidarité et de résilience Derrière cette exposition se cache un important travail de recherche mené par Carl-Edouard Keïta, accompagné de l’écrivain et critique d’art Yacouba Konaté. L’histoire des Goumbés, ces communautés de jeunes migrants, reste largement méconnue, souligne la curatrice franco-ivoirienne Nora Diaby. « Le but de ces communautés, c’est de remplacer la famille absente. De se créer une nouvelle famille dans un environnement qui leur était inconnu à leur arrivée », explique-t-elle. Ces groupes, souvent composés de jeunes hommes venus chercher du travail en ville, se sont organisés en réseaux de soutien mutuel. Ils partageaient non seulement des ressources, mais aussi des moments de joie et de danse, créant ainsi un sentiment d’appartenance dans un contexte urbain souvent hostile. Les Goumbés étaient bien plus que des groupes de fête ; ils représentaient une forme de résilience face à l’adversité. Keïta, à travers son exposition, cherche à faire revivre cette histoire tout en la réinterprétant à travers le prisme de l’art contemporain. Ses œuvres ne se contentent pas de raconter une histoire ; elles invitent également à réfléchir sur des thèmes universels tels que la migration, l’identité et la solidarité. L’exposition Goumbé de Carl-Edouard Keïta est bien plus qu’un simple hommage à un documentaire ou à une époque révolue. C’est une invitation à revisiter l’histoire de la Côte d’Ivoire à travers les yeux de ceux qui l’ont vécue, mais aussi à réfléchir sur des enjeux contemporains tels que la migration et l’intégration. En mêlant art, histoire et mémoire, Keïta réussit à créer une expérience immersive qui touche autant le cœur que l’esprit. Mais au-delà de l’émotion, une question demeure : quel héritage les Goumbés ont-ils laissé à la jeunesse ivoirienne d’aujourd’hui, et comment cette histoire peut-elle inspirer les générations futures à construire des communautés plus solidaires et résilientes ?

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